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La guerre scolaire : Novateurs hérétiques contre maîtres orthodoxes

Si le mensonge a son utilité, il n'est pas impossible que la vérité ait aussi la sienne.(Baron, 20 novembre 1834)


Début  1831, Baron et Quetelet travaillent donc à la rédaction d'un projet d'université  pour Bruxelles et en rédigent des statuts très détaillés : on apprend qu'il faut avoir 16 ans pour s'inscrire en droit ou en médecine, 22 ans révolus pour les candidates au diplôme de sage-femme et que le minerval s'élève à 15F.  Ces statuts adoptés, ils envisagent le recrutement des professeurs et entament des négociations avec la Ville pour obtenir des locaux et avec les hospices pour y incorporer l'école de médecine... Toutefois, ce projet reste lettre morte, abandonné dans l'espoir  sans cesse reporté que l'État légifère enfin en matière d'enseignement supérieur.


En 1832, le Pape Grégoire XVI, par la Bulle Mirari vos, condamne le libéralisme et l'indifférentisme religieux.  Il critique très sévèrement la liberté de la presse, la liberté de conscience et la séparation de l'Église et de l'État. Quand en 1833, l'épiscopat décide la création d'une université privée inféodée au Saint-Siège et en annonce l'ouverture à Malines pour l'automne 1834, l'hésitation [n'est] plus permise. Directement ou non, cet événement précipite la création de l'Université libre de Belgique et donne naissance à une rivalité féroce entre les deux établissements. Elle confère également une orientation nettement plus polémique et anticléricale au projet d'origine dont Quetelet se retire pour cette même raison.


En mai 1834, Baron, qui vient d'entrer en maçonnerie à la loge des Amis Philanthropes, présente son projet à Verhaegen, Vénérable Maître de cette même loge et lui demande son soutien.  En juin, lors de la fête du solstice, Verhaegen prononce un discours resté célèbre en faveur de ce projet. Il lance sur-le-champ des listes de souscription. Grâce à la reprise du projet rédigé depuis 1831, sa mise en place est très rapide et le 20 novembre 1834 a lieu l'ouverture officielle de l'Université libre de Belgique qui ne prendra qu'en 1842 le nom d'Université libre de Bruxelles.


Si tous les lauriers de la création de l'ULB ne reviennent pas exclusivement à « Saint-Verhaegen », il a l'immense mérite de lui avoir donné corps et fait passer le cap d'une première décennie houleuse.  En 1857 par exemple, Pierre-Théodore Verhaegen réplique aux catholiques qui les traitent d'hommes pervers et les accusent d'être une émanation d'une société secrète qui se couvre de mystère qu'à Louvain on enseigne à la jeunesse que la liberté de conscience est une maxime fausse, absurde, extravagante ; que la liberté de la presse est une chose funeste et horrible... à Louvain on peut défigurer l'histoire, tronquer l'enseignement des sciences naturelles, mettre la foi au-dessus de l'examen et la révélation au dessus de la vérité scientifique.

 

Pour en savoir plus :  DESPY-MEYER Andrée, STENGERS Jean, GUBIN Eliane, HOEBANX Jean-Jacques : Pierre-Théodore Verhaegen, l'homme, sa vie, sa légende : bicentenaire d'une naissance, Bruxelles, 1996.

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Dernière mise à jour : 16 novembre 2009